Les Trois grandes lois ésotériques

La pratique établie par Nichiren Daishonin s’appuie sur trois points appelés les Trois Grandes Lois ésotériques. Celles-ci correspondent aux « Trois disciplines » dans la tradition bouddhique pour l’approfondissement de la croyance : Préceptes, Méditation, et Sagesse.


La révélation de la Loi et l’expression de la croyance (daimoku)

Nam-myoho-renge-kyo est le nom de la Loi fondamentale sous-tendant la nature essentielle de l’univers, Loi de la vie. Son invocation se distingue des formules magiques ou des mantras.

Ce terme représente la fusion de la vie d’un être humain avec la Loi éternelle et universelle à laquelle le Bouddha s’est éveillé.

La pratique de la récitation du nom de cette Loi, (ou daimoku), est une action visant à dissiper, grâce à la foi, l’ignorance et l’incroyance (auxquelles le bouddhisme donne le nom d’obscurité fondamentale, ou d’illusion).

Il s’agit d’une forme de croyance qui rend possible la transformation positive du cœur humain dans les profondeurs de la vie – et ce, de manière continuelle, dans le contexte de la vie quotidienne –, un processus librement entrepris par une personne en vue de sa propre amélioration.

Parce que daimoku est une pratique qui permet de dissiper l’obscurité fondamentale pour faire surgir la sagesse qui naît de la compréhension de la Loi, parmi les Trois Sortes de disciplines bouddhiques traditionnelles, elle correspond à la Sagesse.

L’objet de culte (Gohonzon)

L’objet de culte est un mandala, appelé le Gohonzon, qui est enchâssé au domicile des pratiquants ou dans les lieux de culte.

Il s’agit pour ainsi dire d’une concrétisation de la Loi révélée par Nichiren Daishonin, qui transcrivit sous forme de caractères chinois l’état de vie du Bouddha qui fait un avec la Loi, et qu’il présenta comme objet de culte.

Il a le sens d’un miroir limpide capable de refléter la nature de bouddha (la possibilité d’éveiller la bouddhéité) dont la vie de chaque être humain est originellement dotée. Il ne s’agit donc pas d’une forme d’idolâtrie.

Avant que Nichiren Daishonin ne révèle le Gohonzon, la pratique du Sûtra du Lotus prenait la forme d’austérités bouddhiques, dont l’introspection par la méditation, en s’appuyant sur les principes exposés dans ce sûtra. Cependant, ces pratiques austères exigeaient des capacités exceptionnelles et des efforts très importants. Elles n’étaient pas facilement accessibles à tous.

Grâce à la concrétisation du Gohonzon, l’objectif ultime du Sûtra du Lotus, c’est-à-dire l’éveil de la bouddhéité pour tous les êtres humains, devint désormais réalisable. Cette possibilité pour chacun d’épanouir sa nature de bouddha, constitue ainsi un tournant crucial dans l’histoire du bouddhisme.

Parce que le Gohonzon révèle la Loi à laquelle il convient de vouer un respect fondamental, et que grâce à lui, il est possible de se concentrer dans la foi, cet objet de culte correspond, parmi les Trois disciplines bouddhiques, à la Méditation.

Le lieu où l’on prête serment de croire fermement dans le Gohonzon (kaïdan)

Est appelé plate-forme d’ordination, ou kaïdan, tout lieu où l’on récite Nam-myoho-renge-kyo face au Gohonzon (le mandala). Parce que l’on s’engage à croire, dans un lieu où l’objet de culte est parfaitement explicite, ce lieu correspond aux Préceptes (jp. kaïritsu) parmi les Trois Sortes d’études.

Le mot « préceptes », est composé de deux idéogrammes chinois, dont le premier, kaï, signifie empêcher les erreurs et arrêter le mal. Les divers courants bouddhiques avaient traditionnellement établi de nombreux préceptes ou interdictions limitant les actions – certains étant d’ordre extrêmement ascétique.

A l’opposé, la doctrine de Nichiren établit que la manifestation de sa nature de bouddha, par la récitation de daimoku fondée sur la foi en la Loi merveilleuse, est le moyen fondamental de dissiper l’ignorance et l’incroyance inhérentes à la vie, d’empêcher les erreurs et d’arrêter le mal. Par conséquent, le seul précepte consiste à « recevoir et garder » Nam-myoho-renge-kyo.


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